Joseph Alexandre Victor d'HUPAY

Auteur communiste en 1785........................... Communist Author ...........................................

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Un extrait de l'oeuvre de Victor d'Hupay :
 
                                    PROSPECTUS 

                  

                                   Annonce littéraire et Morale

Tranquilité, douceur, plaisir, contentement, Qu’un soupir éternel incessamment appelle !
Trad. Essai de Pope


                   Projet de Communauté philosophe,
fondé sur la Vie du Bon La Fontaine, les sentiments des meilleurs Auteurs, les principes des Etablissements des Peuples les plus sage du Nouveau Monde et sur une Analyse du Système économique de la Nouvelle Héloïse, avec un Plan géométral du séjour champêtre de cette société, proposé par souscription à Marseille.

              « Il élance L’Homme vers l’élément de toutes les vertus, vers la Liberté »

                      
Par
Joseph-Alexandre-Victor d’HUPAY

L’Auteur de ce Projet, dégoûté du tumulte du monde, soit du tracas et des horreurs d’une Société qui n’en a que le nom, soit des viles sollicitudes domestiques toujours renaissantes, n’est épris que d’une jouissance du soi-même libre et pure, comme celle du bon La Fontaine, vivant chez ses Amis et débarrassé par eux de tout soin, conformément aux vœux des plus grands Génies pour la vie commune et égale des Anciennes Familles des Patriarches.

 

Il appuie ce système reçu par les Fondateurs du Christianisme, adopté par Platon, Bacon, Thomas Morus, Montesquieu et Diderot, des Exemples récents des plus sages Etablissements du Nouveau Monde, dans la Cité religieuse d’Euphrate, le Peuple de Frère de Philadelphie, et l’heureuse Communauté des Habitants du Paraguay.

 

Il renouvelle enfin le Projet formé par Saint Augustin (...), d’une Maison de retraite pour lui, ses Amis et leurs Epouses, contre les misères et les agitations insupportables de la vie du siècle, afin d’y achever leurs jours dans la douceur d’un loisir qui ne fut troublé par aucune sorte d’affaire, projettant d’y vivre en commun au nombre de dix, et de faire ainsi un seul ménage de plusieurs, pour que le plus grand nombre jouit d’un entier repos, au contraire de la grande voie, où l’on est abandonné au trouble continuel de ses pensées par la confusion inévitable des fotreis journaliers.


Ce projet fort simple, dont l’avantage pourrait être plus commun et plus général qu’on ne croit, n’est autre que l’exécution de cette maxime si douce d’une des Comédies de l’aimable M. Dorat : « Ce que c’est que d’habiter dans le même logis ! On va, l’on se cultive et l’on voit ses Amis ». Cette union et cette communauté de régime moral économique serait praticable par pelotons, dans tous les états, sans confondre les fortunes, eu égard au juste mérite de divers talents, moyen que n’avaient point encore voulu admettre les Zélateurs de la République de Platon. Elle fortifierait l’amitié humaine dans chaque profession, en excluant toute vaine et extérieure distinction, odieuse dans une même classe de Citoyens : rivalité puérile qui confond et entraîne ensemble tous les états à leur ruine et à tous les crimes. Tel fut l’abus funeste auquel remédia par ses simples Lois Somptuaires le bon Roi Idomenée, modèle de nos deux Henris. Les Agapes des premiers Chrétiens tendaient au même but, en réunissant les Hommes dans cet esprit de simplicité le plus propre à maintenir la paix et la religion. Il appartiendrait donc à un Prince qui voudrait mieux mériter le titre de Père de la Patrie, que tous ceux encore qui ont favorisé l’établissement des Moines, devenus inutiles aujourd’hui, placent ces vrais et nouveaux Modèles de tous les états, chacun relativement à leur fonction, dans les divers Monastères qui se dépeuplant tous les jours, semblent attendre une meilleure destination.


O quisquis volet, impias Coedes et rabiem, tollere civicam ! Quoi qu’il en soit, ce Projet paraît remplir les vœux de tous les vrais Amateurs de la philosophie dont l’unique but est la douceur d’une vie tranquille et réglée, et leurs plus grands délices une Société choisie. On pourrait dire de son établissement ce que le journal Encyclopédie du mois d’octobre 1762 a dit des chaires du Carême : «L’Antiquité ne nous offre rien de semblable en ce genre. C’est une belle institution que celle de rassembler les Citoyens dans un temps et en un lieu marqué, pour leur exposer d’une manière claire, solide et touchante les règles de conduite les plus propres à procurer le bonheur de la Société, et celui de chacun de ses Membres. C’est pour ainsi dire semer la vertu ». C’est la faire fructifier, pourra t-on dire de la Communauté philosophe, que d’y faire vivre habituellement des Hommes sous les heureuses règles de la raison et du plaisir.

 

Ce Plan pratique d’une excellente Philosophie politique est suivi d’un Postrcipt très intéressant d’une vie semblable pour les Vieillards, paraissant leur convenir, d’autant plus généralement, qu’ils sont privés pour l’ordinaire, au milieu de leurs Familles et avec les plus grandes richesses, d’une compagnie de leur âge et de Gens qui leur ressemblent, la plus douce satisfaction que chacun recherche.

 
                      
 

Un honnête homme
 
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Les lieux de mémoire
 
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